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Gin Belledonne : l'histoire du gin à la vulnéraire de Chartreuse

Héritage des Alpes · 7 Juillet 2026 · 8 min de lecture

Gin Belledonne : l'histoire du gin à la vulnéraire de Chartreuse

Il existe des gins que l'on achète pour remplir une étagère, et d'autres que l'on garde pour se souvenir d'un lieu. Le Gin Belledonne appartient à la seconde catégorie. Voici son histoire, racontée par ceux qui le font — nous, Héritage des Alpes — avec les dates, les lieux et les choix qui l'ont façonné. Sans légende inventée : la vraie histoire suffit.

Une idée née face au massif

L'histoire commence à Saint-Ismier, en Isère, au pied du massif de Belledonne, avec deux fondateurs : Hector Mérindol et Robin Basset. La conviction de départ tient en une phrase : les plantes de haute montagne — plus lentes, plus concentrées, plus rares que celles des plaines — méritent mieux qu'un rôle de décor marketing. Elles peuvent être la colonne vertébrale d'un spiritueux, à condition d'aller les chercher soi-même, au bon endroit, au bon moment.

Héritage des Alpes n'est donc pas née comme une distillerie, mais comme une maison de cueilleurs. La distillation, nous l'avons confiée à un partenaire dont c'est le métier : la distillerie L'Entropie, dans le Vercors, qui travaille en petites séries, à basse température, avec une sélection manuelle du cœur de chauffe. Chacun son geste : eux l'alambic, nous la montagne.

La rencontre avec la vulnéraire de Chartreuse

Le tournant du projet, c'est une plante que très peu de gens connaissent en dehors des vallées grenobloises : la vulnéraire de Chartreuse (Hypericum nummularium, le « millepertuis à sous »). Elle ne pousse que sur les falaises calcaires des massifs de la Chartreuse et du Vercors, et les anciens de la région en font macérer quelques brins dans l'eau-de-vie depuis des générations — un digestif familial au parfum de miel, de cuir et de foin coupé, transmis comme un secret.

Sa cueillette est réglementée par arrêté préfectoral : quelques brins par personne et par jour, en paroi, à la main. Cette contrainte a tout décidé. Un gin construit sur la vulnéraire ne pourrait jamais être produit en masse — et c'est exactement ce que nous cherchions : une rareté que personne ne décrète, imposée par la falaise elle-même. Le Gin Belledonne est, à notre connaissance, le premier London Dry construit autour de cette plante.

Six botaniques, un seul territoire

Autour de la vulnéraire, cinq botaniques composent le profil, toutes choisies pour leur lien direct avec nos massifs :

  • La vulnéraire de Chartreuse — la signature : miel, cuir, foin coupé, une longueur en bouche rare.
  • Le genièvre du Vercors — la colonne vertébrale de tout London Dry, récolté sur les coteaux secs du massif.
  • L'hysope — la fraîcheur aérienne, herbacée.
  • Le cynorhodon — l'acidité fruitée, la rondeur.
  • La myrtille sauvage — la profondeur fruitée d'altitude.
  • Le poivre de Timut — la finale agrumée, pamplemousse, très persistante.

Pas de botanique exotique de remplissage, pas de liste de 47 plantes : six, chacune avec un rôle, dans un profil pensé pour la dégustation pure comme pour le gin tonic.

1 200 bouteilles, pas une de plus

Le Gin Belledonne est édité en édition limitée numérotée de 1 200 bouteilles — un chiffre qui découle directement de la récolte de vulnéraire, pas d'un plan marketing. Chaque bouteille porte son numéro. Quand l'édition est épuisée, elle ne sera pas reproduite à l'identique : la cueillette suivante donnera un nouveau millésime, avec ses propres nuances.

L'objet a été soigné comme le contenu : bouteille en verre du fabricant italien Estal, bouchon en verre Vinolok, sérigraphie réalisée en France. Un contenant sobre, minéral, fait pour rester sur une étagère longtemps après la dernière goutte.

Pourquoi « Belledonne » ?

Le nom du gin est celui du massif qui domine Saint-Ismier et toute la vallée du Grésivaudan : Belledonne, la grande chaîne cristalline visible depuis les quais de Grenoble, moins célèbre que la Chartreuse voisine et pourtant plus sauvage. C'est le paysage de nos enfances et de nos cueillettes — myrtille sauvage et cynorhodon viennent de ses pentes, quand la vulnéraire vient des falaises calcaires de la Chartreuse, de l'autre côté de la vallée. Le gin porte le nom du massif ; la maison, elle, porte celui de ce que nous voulons construire : un héritage. Non pas celui que l'on reçoit — nous n'avons hérité d'aucune distillerie familiale, et nous préférons le dire — mais celui que l'on constitue, cueillette après cueillette.

Le lancement : une campagne participative, puis une nuit à Grenoble

Nous avons choisi de lancer le Gin Belledonne en financement participatif sur Ulule, à l'été 2025 — près d'une centaine de contributeurs ont réservé leurs bouteilles avant même la mise en vente. Puis, le 6 décembre 2025, nous avons organisé notre première soirée à Grenoble : « La Nuit de l'Héritage », une dégustation-rencontre qui reste à ce jour le plus beau moment de vente de la maison. Ce soir-là, nous avons compris quelque chose qui guide encore notre façon de vendre : ce gin se raconte mieux qu'il ne s'affiche. C'est en le faisant goûter, en montrant les photos de cueillette, en expliquant la vulnéraire, qu'il trouve ses amateurs.

Notes de dégustation

Au nez : résineux, pin, avec un registre floral complexe qui s'ouvre à l'aération — la vulnéraire en miel, le genièvre en fond.

En bouche : attaque grasse, presque texturée, puis un cœur herbacé puissant où la vulnéraire et l'hysope se répondent, arrondi par le cynorhodon et la myrtille.

En finale : une fraîcheur intense et très persistante, signée par le poivre de Timut et ses notes de pamplemousse. C'est la surprise de la première dégustation — une longueur qui évoque l'air froid des crêtes.

Pour la dégustation : pur et frais d'abord (notre guide comment déguster un gin pur donne la méthode), puis en gin tonic avec un tonic sobre et peu sucré qui laisse parler les botaniques.

Où en est l'histoire aujourd'hui

À l'été 2026, environ 200 bouteilles de la première édition ont trouvé leur propriétaire — à Grenoble et à Paris d'abord, nos deux premières villes. Le reste de l'édition est disponible en vente directe, et une sélection très restreinte de cavistes et de tables partenaires s'ouvre en Isère et à Paris. La suite s'écrit déjà : la préparation de la prochaine cueillette, et avec elle un nouveau millésime. La suite est déjà en préparation : des journées de cueillette ouvertes à une douzaine de participants à la fois — marcher jusqu'aux zones de récolte, apprendre à reconnaître la vulnéraire, comprendre pourquoi on ne la cueille pas n'importe comment — et, pour les propriétaires de bouteilles, un cercle d'amateurs qui aura la priorité sur les prochains millésimes. Si vous voulez suivre cette histoire — ou en posséder un numéro — c'est le moment où elle commence.

Ce que cette histoire nous a appris

Deux ans après les premières macérations d'essai dans un alambic de cinq litres acheté pour comprendre, trois leçons restent. La première : la rareté ne se raconte bien que si elle est vraie — le jour où nous avons publié les chiffres réels de nos ventes et de notre stock, l'histoire est devenue plus forte, pas plus faible. La deuxième : ce gin se vend en personne — une soirée de dégustation vaut des mois de publicité, et c'est pourquoi les rencontres, les visites dans le Vercors et les journées de cueillette font partie du produit autant que la bouteille. La troisième : le temps long est un allié — une édition qui met deux ans à trouver ses 1 200 propriétaires n'est pas un échec commercial, c'est une communauté qui se construit au rythme de la montagne.

Questions fréquentes

Qui produit le Gin Belledonne ?

Le Gin Belledonne est créé par Héritage des Alpes, maison fondée par Hector Mérindol et Robin Basset à Saint-Ismier (Isère), au pied du massif de Belledonne. Les fondateurs cueillent les botaniques ; la distillation est confiée à la distillerie L'Entropie, dans le Vercors.

Quelle est la botanique signature du Gin Belledonne ?

La vulnéraire de Chartreuse (Hypericum nummularium), une plante rare des falaises calcaires du massif de la Chartreuse, cueillie à la main dans le cadre d'une réglementation préfectorale stricte. Elle apporte des notes de miel, de cuir et de foin coupé qu'on ne trouve dans aucun autre gin.

Combien de bouteilles de Gin Belledonne existent ?

L'édition actuelle compte 1 200 bouteilles numérotées. Le volume est fixé par la récolte de vulnéraire, pas par un objectif commercial. Une fois l'édition épuisée, elle ne sera pas reproduite à l'identique.

Où acheter le Gin Belledonne ?

En vente directe sur heritagedesalpes.fr, avec livraison offerte en point relais partout en France métropolitaine, et chez une sélection restreinte de partenaires en Isère et à Paris.

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

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