Mixologie
Gin fizz : la recette originale, les dosages exacts et une variante alpine
Héritage des Alpes · 8 Août 2026 · 8 min de lecture
Le gin fizz se monte avec 5 cl de gin, 3 cl de jus de citron jaune pressé, 2 cl de sirop de sucre et 6 à 8 cl d'eau gazeuse bien froide. On secoue les trois premiers ingrédients au shaker, on filtre dans un verre haut, on complète à l'eau gazeuse et on sert immédiatement.
C'est une recette de trois minutes qui se rate pourtant très souvent, presque toujours pour la même raison : un citron en bouteille, une eau gazeuse tiède, ou un cocktail qu'on laisse attendre. Voici les proportions exactes, les gestes qui comptent, et une variante alpine qui exploite les botaniques de montagne.
Quelles proportions pour un gin fizz ?
Le fizz appartient à la famille du sour : un spiritueux, un acide, un sucre, allongés ici d'eau gazeuse. La proportion de référence est 5-3-2, à ajuster d'un demi-centilitre selon l'acidité de vos citrons.
- 5 cl de gin
- 3 cl de jus de citron jaune fraîchement pressé
- 2 cl de sirop de sucre de canne
- 6 à 8 cl d'eau gazeuse très froide
- Glace en quantité, un zeste ou une rondelle de citron
Le sirop de sucre se fait en deux minutes : 100 g de sucre dans 100 ml d'eau chaude, on remue jusqu'à dissolution complète, on laisse refroidir. Il se garde trois semaines au réfrigérateur et évite le sucre en poudre qui reste au fond du verre.
Comment préparer un gin fizz étape par étape ?
- Placez votre verre au congélateur dix minutes avant de commencer, et sortez l'eau gazeuse du réfrigérateur au dernier moment.
- Pressez le citron. Filtrez la pulpe à travers une petite passoire, elle trouble le cocktail et donne une amertume sèche.
- Versez le gin, le jus de citron et le sirop dans le shaker, ajoutez de la glace jusqu'aux trois quarts.
- Secouez douze à quinze secondes, jusqu'à ce que le métal devienne trop froid pour la main.
- Filtrez dans le verre glacé, sans les glaçons du shaker : ils sont déjà usés et ne feront que diluer.
- Ajoutez deux ou trois glaçons neufs, complétez à l'eau gazeuse en versant lentement le long de la paroi.
- Remuez une seule fois, de bas en haut, et servez. Un fizz attend deux minutes, pas dix.
Faut-il du blanc d'œuf dans un gin fizz ?
Non, pas dans la version classique. Le blanc d'œuf appartient au Silver Fizz, l'une des trois déclinaisons historiques codifiées au XIXᵉ siècle : Silver Fizz au blanc, Golden Fizz au jaune, Royal Fizz à l'œuf entier. Le blanc n'apporte aucun goût, uniquement une texture crémeuse et un col de mousse blanche.
Si vous voulez l'essayer, ajoutez 2 cl de blanc d'œuf et procédez en deux temps : un premier passage au shaker sans glace pendant quinze secondes pour monter la mousse (le dry shake), puis un second avec la glace. L'ordre inverse ne monte pas.
Gin fizz, Tom Collins, Ramos : quelles différences ?
Ces trois cocktails partagent le même trio gin, citron, sucre, et se distinguent par le service, la dilution et la texture. La confusion entre le fizz et le Collins est la plus fréquente.
| Cocktail | Base | Allongé avec | Service | Texture |
|---|---|---|---|---|
| Gin fizz | Gin, citron jaune, sucre | Eau gazeuse (6 à 8 cl) | Verre haut étroit, peu ou pas de glace, à boire vite | Vif, tendu, pétillant |
| Tom Collins | Gin, citron jaune, sucre | Eau gazeuse (10 à 12 cl) | Verre Collins rempli de glace, à boire lentement | Plus long, plus dilué |
| Ramos Gin Fizz | Gin, citron et citron vert, sucre, crème, blanc d'œuf, eau de fleur d'oranger | Eau gazeuse (2 à 3 cl) | Verre sans glace, après un shake très long | Onctueux, mousse épaisse |
Autrement dit : le Collins est un fizz allongé et servi sur glace, le Ramos est un fizz devenu crème. Le choix du verre n'est pas un détail, il conditionne la tenue des bulles, comme nous le détaillons dans notre guide sur quel verre choisir pour un gin tonic.
Quel gin choisir pour un gin fizz ?
Le citron et l'eau gazeuse effacent les gins timides. Il faut donc un gin qui garde du relief une fois dilué, ce qui écarte les profils très neutres et très alcooleux.
Trois familles fonctionnent bien. Un London Dry classique, dominé par le genièvre et la coriandre, donne le fizz canonique, droit et un peu sévère. Un gin d'agrumes prolonge le citron et donne une version facile, presque limonade. Un gin botanique de terroir, riche en plantes et en épices, produit la version la plus intéressante : les herbes ressortent au nez pendant que le citron tient la bouche. Les critères de notre comparatif quel gin pour un gin tonic valent trait pour trait ici.
Un mot sur le degré : en dessous de 40 % vol., le gin décroche derrière l'acidité. Entre 42 et 47 %, il tient sans écraser.
La variante alpine : fizz au génépi et miel de montagne
Le sirop de sucre est le maillon le plus remplaçable de la recette. En lui substituant du miel et en glissant un trait de liqueur d'armoise, le fizz change de paysage : le sucre devient floral, l'amertume herbacée s'installe en finale.
- 4,5 cl de gin de montagne
- 1,5 cl de génépi
- 3 cl de jus de citron jaune
- 1,5 cl de sirop de miel (deux volumes de miel de montagne pour un volume d'eau chaude, refroidi)
- 6 cl d'eau gazeuse, un brin de thym serpolet
Même procédé que la version classique, en veillant à ne pas dépasser 1,5 cl de genepi : au-delà, l'amertume de l'armoise prend le dessus sur le citron. D'autres façons de l'utiliser dans nos recettes de cocktails au génépi.
Les erreurs qui ratent un gin fizz
- Le jus de citron en bouteille. C'est l'erreur numéro un. Un jus pasteurisé donne une acidité plate et un arrière-goût métallique que rien ne rattrape. Un citron pressé perd déjà en finesse au bout de deux heures.
- L'eau gazeuse tiède ou éventée. Les bulles meurent au contact d'un liquide plus chaud qu'elles. Bouteille au réfrigérateur, petit format ouvert au dernier moment.
- Trop d'eau gazeuse. Au-delà de 8 cl, vous avez fabriqué un Tom Collins sans le vouloir.
- Secouer avec l'eau gazeuse dedans. Elle se met toujours à la fin, directement dans le verre.
- Laisser reposer. Un fizz se boit dans les cinq minutes. Passé ce délai, il ne reste que du citron dilué.
Les mêmes principes de glace et de température valent pour la plupart des longs drinks, comme le rappellent nos 10 astuces pour un gin tonic réussi.
D'où vient le gin fizz ?
La famille des fizz apparaît dans les manuels de bar américains de la seconde moitié du XIXᵉ siècle. Jerry Thomas, premier auteur d'un guide de bartender publié en 1862, décrit déjà les sours au gin allongés d'eau de Seltz ; les éditions suivantes de son ouvrage codifient les fizz sous ce nom. Le cocktail devient un classique du matin dans les bars américains des années 1890, servi très froid et bu debout.
La branche la plus célèbre naît à La Nouvelle-Orléans, où Henry C. Ramos, à partir de 1888, ajoute crème, blanc d'œuf et fleur d'oranger, et impose un shake d'une longueur légendaire. Le Ramos Gin Fizz reste le cocktail signature de la ville. En France, le gin fizz s'installe durablement dans les cartes de brasserie au XXᵉ siècle, souvent dans une version simplifiée au sirop de citron, ce qui explique la mauvaise réputation qu'il traîne parfois. Fait avec un citron frais, c'est un tout autre cocktail. Si vous explorez les classiques au gin, le Dry Martini et le Negroni forment avec lui le socle du répertoire.
Que servir avec un gin fizz ?
Son acidité vive en fait un cocktail d'apéritif d'été plutôt que de fin de repas. Il tient bien face au sel et au gras : amandes grillées, olives, chips de pomme de terre épaisses, mais aussi tarama, poisson fumé, huîtres. Un fizz au gin botanique s'accorde remarquablement avec un fromage de chèvre frais et des herbes.
Le Gin Belledonne, distillé à partir de genièvre du Vercors, de vulnéraire de Chartreuse, d'hysope, de myrtille sauvage et de poivre de Timut, appartient à la troisième famille décrite plus haut : celle des gins botaniques qui gardent du relief derrière le citron. En fizz, sa finale poivrée arrive après les bulles, une fois l'acidité retombée.
Questions fréquentes
Quelle quantité de gin dans un gin fizz ?
5 cl, soit une dose standard. Avec 3 cl de citron et 2 cl de sirop de sucre, l'équilibre est franc sans être agressif. Descendre à 4 cl donne un cocktail plus léger mais plus court en bouche.
Quelle différence entre un gin fizz et un Tom Collins ?
Les ingrédients sont les mêmes. Le Tom Collins est plus allongé (10 à 12 cl d'eau gazeuse contre 6 à 8) et se sert dans un grand verre rempli de glace, ce qui en fait une boisson plus longue et plus diluée. Le fizz se boit vite et très froid.
Peut-on faire un gin fizz sans shaker ?
Oui, un bocal à confiture hermétique fait exactement le même travail. À défaut, remuez énergiquement gin, citron et sirop avec de la glace dans un verre pendant trente secondes avant de filtrer.
Quelle eau gazeuse pour un gin fizz ?
Une eau à bulles fines et peu minéralisée, sans sucre ni quinine. Le tonic ne convient pas ici : son amertume et son sucre déséquilibrent le rapport avec le citron.
Le gin fizz se prépare-t-il à l'avance ?
La base gin, citron et sirop peut se préparer une heure avant et rester au réfrigérateur. L'eau gazeuse et la glace s'ajoutent uniquement au moment de servir, sans quoi le cocktail perd ses bulles et son tranchant.
L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.
